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Taux de motorisation et mobilité des personnes : constats & enjeux

En zones rurales, point de salut sans automobiles …

Avec une moyenne nationale de 81,1% en 2013, le taux de motorisation des ménages1 tutoie son apogée.

En effet, le taux de motorisation reste inchangé depuis 2006 à 77,9% au sein des agglomérations. C’est uniquement en dehors des agglomérations où la croissance demeure, avec près de 5 points gagnés en une quinzaine d’années.

Ce phénomène est bien compréhensible et résulte de deux facteurs essentiels :

  • Des territoires moins denses en termes de population et d’offres de services
  • Des moyens de transport collectifs moins maillés

Dans ces territoires, chaque déplacement nécessite de fait un véhicule particulier : la détention d’une automobile ou d’un deux roues est un facteur fortement discriminant, notamment dans l’accès à un emploi.

Plus globalement, on s’aperçoit que la réalité du taux de motorisation en France est directement liée à la taille de commune où réside le ménage : plus la commune est importante, plus le taux de motorisation est faible.

Paris, un cas à part

Sur le territoire national, l’ensemble des régions a connu une croissance de son taux de motorisation entre les deux derniers recensements (2006 / 2013), à l’exception de l’île de France où chaque département a reculé.

Paris fait figure d’exception avec une chute exceptionnelle de 7,1%, alors que la Seine-Saint-Denis – 2e plus forte baisse – n’a baissé ‘que’ de 3,9%.

Et cette baisse ne fait qu’accentuer le caractère singulier de Paris, qui est le seul département français où moins d’un ménage sur deux dispose d’un véhicule. Avec un taux de motorisation de 37,4% en 2013, Paris est très loin devant le 2e département le moins motorisé : la Seine-Saint-Denis avec 62,6%.

Ne parlons pas de multi-motorisations dans Paris !! Là où plus du tiers des ménages sont multi-motorisés en France, seuls 4,7% des Parisiens jouissent de deux véhicules ou plus dans leur ménage.

Concilier environnement et développement

Ces quelques chiffres illustrent toute l’ambivalence liée à l’automobile, avec des politiques qui cherchent à diminuer l’empreinte carbone des véhicules et une mobilité de personnes qui doit être favorisée pour maintenir la dynamique des territoires.

Il est donc essentiel de soutenir les nouvelles formes de mobilité, que ce soit en termes d’approche collaborative ou de solutions énergétiques.

Les applications de co-voiturage facilitent d’autant plus les déplacements pour les non-détenteurs de véhicule dans le rural profond. En revanche, l’avènement de la voiture électrique nécessite au préalable l’installation d’un réseau de recharge : le développement de ce nouveau mode d’énergie non polluant est donc plus adaptée dans un premier temps au sein des agglomérations à forte densité et faible kilométrage.

C’est en adaptant les réponses en fonction des réalités des territoires qu’il sera plus aisé de concilier un développement harmonieux.

A la semaine prochaine pour une nouvelle carte …

1 taux de motorisation des ménages (INSEE, recensements 1999-2006-2013)